Success Story | Lunaphore développe un outil-clé dans le diagnostic du cancer
24.11.2017 | Camille Andres

Cette ‘petite’ spin-off de l’EPFL a tout d’une grande. Lunaphore est le fruit du travail de doctorat d’Ata Tuna Ciftlik, ingénieur en microtechnique à l’EPFL qui a découvert comment optimiser des tests de diagnostics du cancer, aujourd’hui indispensables: chaque hôpital de taille moyenne en réalise près de 100’000 par an. En 2014, après cinq ans de recherches, il s’associe à Diego Gabriel Dupouy et Déborah Heintze pour fonder Lunaphore. En très peu de temps, cette équipe dynamique franchit avec brio ses étapes de jeunesse: quatre brevets sont déposés, la jeune startup remporte pas moins de douze prix nationaux et internationaux: Venture Kick (3ème phase), prix PERL, Venture (finaliste), Venture Leaders, Science for Life…Ces premiers succès, ainsi qu’un prêt de la Fondation pour l’Innovation Technologique (FIT) lui permettent de financer son développement et d’embaucher. En 2015, l’équipe atteint une dizaine de personnes suite à une levée de fonds de CHF 2 millions, menée par le fonds de capital-risque Redalpine avec des investisseurs privés suisses-allemands et britanniques. Dès lors, une série de pilotes sont réalisés pour des clients potentiels. L’objectif pour la jeune entreprise étant d’investir des marchés de niche, notamment celui des tests réalisés en cours d’intervention chirurgicale, pour se démarquer des acteurs puissants présents sur ces marchés déjà bien établis.

Crédit-photo : Zuzanna Adamczewska-Bolle

En quoi votre technologie est-elle innovante ?

Déborah Heintze: Nous développons des machines pour optimiser des tests de diagnostic du cancer. Ces tests se basent sur des biopsies –tissus prélevés sur les patients- soumises à des réactifs ou biomarqueurs. Ces examens sont cruciaux pour comprendre la maladie. Aujourd’hui, pour les automatiser, nos compétiteurs les font réaliser par des robots. Notre apport est de changer de technologie. A l’aide de la microtechnique, et plus précisément de puces micro-fluidiques, nous pouvons contrôler la quantité de réactif apportée sur un échantillon et le temps d’exposition. Au final, la réaction est optimisée et le temps d’attente pour un test diminue: quelques minutes contre plusieurs heures pour les solutions existantes.

Pourquoi avoir choisi le canton de Vaud ?

L’écosystème ici a été bénéfique à tous les stades de développement de l’entreprise. Au démarrage, alors que nous étions trois ingénieurs peu spécialisés en business, nous avons été très bien coachés et guidés notamment par Innovaud et la CTI. L’accès aux laboratoires a été très facile. Et lorsque nous avons grandi il a été possible de rester à proximité de l’EPFL, dans l’Innovation Park. Nous avons fait le choix de rester, car l’EPFL est une excellente source de compétences, notamment en R&D. Enfin le réseau local est efficace: les contacts se font vite, ce n’est pas encore la Silicon Valley mais on trouvera toujours des gens pour répondre à nos questions ou nous guider ici.

De gauche à droite : Deborah Heintze, Diego Gabriel Dupouy, Ata Tuna Ciftlik

Crédit-photo : Zuzanna Adamczewska-Bolle

Qu'est-ce que le label Scale Up Vaud apporte à votre société ?

Il tombe à point nommé. L’image de startup que nous avions jusqu’ici nous ôte forcément un peu de crédibilité ou de confiance auprès de certains partenaires. Nous souhaitons communiquer comme une entreprise établie, ce que nous sommes désormais. Enfin, le réseau Scale-Up répond vraiment à un besoin: échanger sur certaines questions sensibles –RH, négociations– avec d’autres entrepreneurs en toute confidentialité.

Quels sont les projets d’avenir de l’entreprise?

Nous sommes dans une phase d’industrialisation, nos machines seront mises sur le marché début 2019. D’ici là, nous réaliserons des essais cliniques, en Suisse ou à l’étranger. Nos ressources sont concentrées sur le développement du produit. En 2018 l’effort portera sur le marketing et les relations clients.

www.lunaphore.ch

En chiffres

CHF 4BN: taille annuelle du marché cible

CHF 10M: nombre de fonds levés à ce jour

10: nombres de sites pilotes en Asie et en Europe en 2016

17: nombre de salariés (20 collaborateurs au total)

4: nombre minimum d’embauches prévues dans les 12 prochains mois

-90%: réduction de cas ambigus par Lunaphore pour le diagnostic du cancer du sein, par comparaison aux méthodes standards dans les hôpitaux.

10 à 20 fois de rapidité en plus par rapport à des tests traditionnels